L’amiante de demain ?

fév 04, 2010 in Politique

Le silence qui entoure leur introduction et leur généralisation est inversement proportionnel à l’importance qu’elles prendront prochainement dans notre « vie de tous les jours ».

Les nanotechnologies, soit « l’ensemble des études et des procédés de fabrication et de manipulation de structures, de dispositifs et de systèmes matériels à l’échelle du nanomètre (nm) » (wikipedia), sont aussi invisibles dans le débat public qu’elles le sont pour l’œil humain.

Et pourtant, ce ne sont pas les enjeux qui manquent.

Enjeux sanitaires, d’abord. Une fois encore, à l’instar de l’amiante, des OGM, puis des téléphones cellulaires, une technologie est développée puis commercialisée sans que ses promoteurs ne prennent le temps d’en évaluer sérieusement – c’est à dire sur le long terme – la dangerosité potentielle. Alors que des pneus ou des cosmétiques aux nanoparticules commencent à être vendus, alors que celles-ci peuvent se retrouver inhalées sous certaines conditions, que savons-nous de l’impact de ces nouvelles structures sur la physiologie humaine ? Quelles conséquences toxicologiques ? Les chercheurs n’en savent à peu près rien. Allons-nous vers de nouveaux scandales sanitaires de grande ampleur ? L’avenir le dira.

Mais ce n’est pas le plus préoccupant.

Fondamentalement, la question qui doit être posée est celle de la finalité : à quoi servent ces technologies, par qui, pour qui, et pour quoi, sont-elles développées ? Premier constat : la constellation de ceux qui développent les nanotechnologies est identique à celle qui élabore les OGM (laboratoires publics et transnationales privées), avec toutefois la présence très marquée d’un acteur nouveau: les militaires. En France, un important centre de recherche consacré aux nanotechs a été inauguré il y a quelques années par la Ministre de… la défense d’alors, Michèle Alliot-Marie. On développe à MINATEC les armes du futur : drones, missiles « intelligents », nouveaux gaz de combat. Plus généralement, les nanotechnologies rendent possible de nouveaux modes de surveillance et de contrôle social d’une efficacité qui dépasse l’imagination : nanopuces lisibles à distance, implants sous-cutanés, technologies biométriques, nanocaméras invisibles, smart tags… De quoi donner le vertige, et quelques idées aux tenants de l’idéologie du tout-sécuritaire aujourd’hui au pouvoir. Les plus allumés, n’ayant rien à envier aux idéologues nazis, s’imaginent déjà améliorer l’espère humaine par le recours aux bio et nanotechnologies : la figure du surhomme passe désormais par l’hybridation du vivant et de l’artificiel et les implants électroniques ; vaste programme. Comme pour le nucléaire et les OGM, on ne demande pas l’avis de la population à propos de la recherche sur les nanotechnologies. Il est plus que temps de manifester notre refus du nanomonde ultrasécuritaire que les industriels, les technocrates et les militaires tentent de promouvoir.

Informations notamment sur nanomonde.org


Problèmes ADSL Sunrise

jan 17, 2010 in informatique

Si comme moi, vous essayez d’installer sans succès l’ADSL sur une ligne sunrise dégroupée, c’est peut-être que vous utilisez un ancien modem ne supportant pas les nouvelles normes ADSL2/ADSL2+.

Symptômes: impossible de se connecter. Parfois, l’accès à internet est possible pendant quelques minutes, puis retombe. Dans les log du modem, le signal ADSL est up pendant 10 secondes, puis down, puis up, puis down etc.

Il faut en fait spécifier de manière explicite que le protocole utilisé est ADSL2+. L’encapsulation est PPPoE, et le multiplexing LLC. VPI=8, VCI=35

Et merci à Pierrick de m’avoir mis sur la piste :)


Quand l’UDC admet que l’initiative anti-minaret n’était qu’une opération électorale

déc 22, 2009 in Politique

Il fallait un certain courage…

Dans une lettre adressée à Hafid Ouardiri, le député UDC François Brélaz admet ce que tout le monde sait: la campagne anti-minaret n’était qu’une vaste opération électorale, et les suites de la votation (notamment les recours à la Cour européenne des droits de l’Homme) seront utilisées par le parti à des fins électorales.

Ce qui frappe, ce n’est pas le fait en lui-même, qui n’aura échappé à personne. La nouveauté, c’est que pour la première fois à ma connaissance, c’est l’UDC elle-même qui affirme, voire revendique, l’instrumentalisation. Reconnaissons à Monsieur Brélaz le mérite de la franchise et de la transparence.

La lettre en question vaut d’ailleurs la peine d’être lue en entier. Je ne m’arrête pas sur la rhétorique habituelle différenciant les « autochtones » (sic) des « immigrés », ni sur la logorrhée à propos du « respect du citoyen suisse chrétien ». Pas plus, je ne m’attarderai sur la qualification « d’affreux barbus », qui pourrait sans doute valoir à Monsieur Brélaz une plainte pénale. Chacun jugera des dires de Monsieur le député lorsqu’il estime que les personnes musulmanes sont « étranges, ou très différentes ».

Le plus intéressant réside dans la conclusion de la lettre, que je cite: « Pour en revenir à votre recours à la Cour européenne, (et il y en aurait quatre autres mais le vôtre est le plus médiatisé), la procédure jusqu’à une première décision peut prendre des mois et la procédure
complète des années. Et tant que l’affaire ne sera pas terminée, vous devez admettre, cas échéant, que l’UDC utilise à des fins électorales aussi bien la victoire du 29 novembre que votre recours. »

Voilà qui a le mérite d’être clair.


Misère au cœur de l’Eldorado helvétique.

déc 21, 2009 in Politique

On parle de « précarité », on évoque telle famille « dans le besoin », les plus raffinés mentionneront le « paupérisme »… Jusque dans le choix des mots et des euphémismes, la pauvreté reste une réalité taboue, invisible, difficile à concevoir en Suisse.

Qu’est-ce que la pauvreté ? Quels groupes sociaux sont les plus touchés ? Comment devient-on pauvre ? Il est aujourd’hui difficile de répondre à ces questions, tant le phénomène est ignoré, marginalisé. Au scandale social s’ajoute celui de l’invisibilité et de la négation, avec comme conséquence un nombre restreint de travaux scientifiques et une connaissance limitée du phénomène.

Yolande, membre de l’association des familles du quart-monde, raconte dans le journal de l’Eglise protestante comment elle se nourrit sur les composts, en enlevant les feuilles abimées des légumes. Myriam décrit comment, en 2009, des problèmes de santé peuvent faire basculer une famille entière dans la pauvreté. Il n’est pas question de misérabilisme ou de pitié, mais d’exposer une réalité existant au pays des Edge funds et des forfaits fiscaux pour milliardaires.

Il faudrait aussi décrire la détresse psychologique qu’une condition de pauvreté matérielle entraîne inévitablement : perte de la confiance en soi, sentiment d’inutilité, de culpabilité… une situation sans doute encore plus insupportable que les privations.

On peut luter contre la pauvreté, en introduisant par exemple un salaire minimum permettant de réduire de manière importante le nombre de working-poors. Mais la droite ne l’entend pas de cette oreille, manœuvrant pour invalider les initiatives lancées en ce sens. On comprendra il est vrai qu’au sein de cette classe, on puisse ne pas se sentir particulièrement concerné par l’enjeu.

Billet publié dans Gauchebdo.


Loi contre les chômeurs: la droite à l’offensive.

déc 09, 2009 in Politique

L’affaire est donc entendue : la droite entend présenter aux travailleurs, aux salariés, et particulièrement aux jeunes, la facture de la crise générée par sa politique aveugle et coupable.

La crise économique, conséquence directe et prévisible des politiques de déréglementation de la finance voulues par les bourgeois, entraîne ici comme ailleurs son lot de détresse humaine et sociale. Le chômage explose, compromettant l’avenir de centaines de milliers de personnes. Lendemains incertains, expulsion de son logement, peur de perdre son emploi … La voici donc, la véritable insécurité, autrement plus inquiétante que quelques minarets ou quelques mendiants !

C’est d’abord aux jeunes de moins de trente ans que l’UDC-PDC-PLR demande d’éponger l’ardoise de la crise. S’ils veulent obtenir l’intégralité de leurs prestations, ceux-ci devront accepter un emploi, même s’il ne correspond pas à leur formation. La conséquence ? Une dévalorisation massive des diplômes obtenus et une montée prévisible de la précarité au sein d’une génération déjà durement touchée par la crise. Les moins de trente ans devraient également n’avoir plus droit qu’à 260 jours d’indemnités.

Les cantons romands sont également dans le collimateur de la droite : les régions particulièrement touchées par le chômage (NE, JU, VD) ne pourraient plus demander une prolongation temporaire de l’indemnisation à 520 jours.

Enfin, dans sa croisade contre les demandeurs d’emploi, la majorité bourgeoise s’en est également pris aux chômeurs de longue durée. Après 260 jours d’indemnités, ceux-ci se verraient priver du 5% de leurs prestations, puis 5% encore après 330 jours.

La situation financière de l’assurance chômage est mauvaise, personne ne le nie. Mais il est totalement absurde d’un point de vue économique de s’attaquer aux prestations en période de crise : réduire le pouvoir d’achat, c’est s’attaquer à la faculté de consommer, de louer, d’emprunter, de se déplacer, c’est en dernière analyse entraver la possibilité d’une reprise économique durable dont la consommation intérieure constitue le pilier. L’assurance-chômage est un stabilisateur conjoncturel : le démanteler s’avère parfaitement contre-productif.

Le POP & Gauche en mouvement s’associera au référendum et défendra les droits des travailleurs de notre pays : nous ne payerons pas votre crise !