Archive for the 'écologie' Category

OGM de Pully attaqués à l’herbicide

juin 30, 2010 in Politique, écologie

herbicide

Il y a quelques jours, le champ expérimental OGM de Pully a été attaqué à l’herbicide par des inconnus. Une belle réponse, nécessaire et légitime, à ces expérimentations d’apprentis-sorciers préparant la privatisation du vivant sous couvert de recherche scientifique. Le tout, bien entendu, se déroulant sous le regard très intéressé des multinationales de l’agro-chimiques, lesquelles sont d’ailleurs – comme ne cessent de le dénoncer les opposants – partie prenante au projet via les mandats privés du Prof. Gruissem.

Il y a quelques jours, et dans le cadre de l’impressionnante campagne de com’ entourant ces essais, le responsable pulliéran M. Schori se félicitait dans la presse de la prétendue acceptation des OGM par les riverains. Quelques semaines après le magnifique succès de la deuxième édition du pique-nique anti-OGM, il fallait oser ! Des centaines de personnes manifestant pour la deuxième année consécutive, dans la bonne humeur et la détermination, leur opposition à vos recherches : voilà ce qu’il en est, Monsieur Schori, de l’acceptation des riverains !

La propagande médiatique – parcequ’à ce stade de mensonge et de déinformation, il n’y a pas d’autres mots – orchestrée par les chercheurs met en lumière le sens réel de ces expériences : habituer la population à « vivre avec » et tester les moyens d’intervention sociale sur cette question.

On ne le répétera jamais assez : à Pully, le volet « biologique » du programme est tout à fait accessoire. Ici, on teste moins la résistance du blé aux champignons que la résistance de la population. Une recherche sociologique en plein champ, en quelque sorte, qui doit permettre de prendre la température de la population dans la perspective de la culture et de la commercialisation des OGM à moyen-terme, une fois le moratoire terminé. Il suffit de lire les différents projets du PNR59 (programme de recherche incluant les essais de Pully) pour comprendre où veulent en venir les chercheurs : « Comment le dialogue avec le public sur la génie génétique doit-il être conçu? », « Génie génétique dans les écoles », ou encore « Existe-t-il une plante génétiquement modifiée acceptable sur le plan social? »… L’objectif est on ne peut plus clair : imposer les OGM à la population, et s’en donner les moyens par des recherches sociologiques.

A ce titre, la résistance citoyenne, dont l’attaque récente à l’herbicide est une belle démonstration, est d’autant plus nécessaire. A Pully comme ailleurs, vive les résistances !

Proches de la terre, les paysans suisses!

mai 31, 2010 in Politique, écologie

Le Robert Micro désigne un aléa comme le « tour imprévisible que peuvent prendre les événements », et c’est effectivement une définition qui sied parfaitement à l’ALEA, l’accord de libre-échange entre la Suisse et l’UE dans le domaine agroalimentaire. Ce traité, négocié depuis fin 2008 et devant s’appliquer dès 2016, aurait des conséquences très importantes pour notre pays, notamment sur le plan de la souveraineté alimentaire. De l’avis de nombreuses organisations et spécialistes du dossier, il constitue une menace sérieuse pour l’agriculture indigène. Gauchebdo a rencontré Frank Paillard, un citoyen lausannois qui sillonne depuis plusieurs mois la ville, informant les habitants des conséquences de cet accord.

paillard

Frank Paillard, on te voit souvent sur les marchés le samedi matin, un panneau sur le dos et affublé d’un gros nez rouge: quel est ton message ?
Les négociations autour de l’ALEA, qui ont lieu sous l’égide de Doris Leuthard, représentent un risque majeur pour la Suisse. Ce qui est en jeu, ce n’est ni plus ni moins que la possibilité, pour notre pays, d’assurer son indépendance alimentaire. Voulons-nous encore d’une paysannerie en Suisse ? Voulons-nous encore que le pain que nous achetons soit confectionné avec du blé issu de cultures de proximité ? Ce sont les questions posées par cet accord et par le Cassis de Dijon, l’autre volet du programme de libéralisation des marchés agricole promu par le Conseil fédéral. Depuis plusieurs mois, je cherche à initier une démarche contre ces deux arnaques que sont l’ALEA et le « Cassis de pigeons ». J’ai commencé à parcourir la ville en homme-sandwich, à écrire quelques courriers de lecteur… mais je reçois peu de soutien politique.

Justement, tu as décidé d’aller plus loin, en t’adressant directement à Doris Leuthard.

Oui, avec l’aide de mon avocat, j’ai porté plainte contre la Conseillère fédérale, m’appuyant sur deux articles du code pénal. Le premier, l’article 266, réprime « un acte tendant à porter atteinte à l’indépendance de la Confédération ou à mettre en danger cette indépendance ». Le deuxième, art. 314, punit la gestion déloyale des intérêts publics. L’ALEA représente en effet la disparition des céréales panifiables suisses (hormis le créneau BIO), avec comme suite logique et prévue l’importation de farines OGM, pourtant refusées par la grande majorité du peuple. Pour ce qui est de la gestion déloyale, la Ministre de l’économie va procurer, par la signature de l’accord, un avantage illicite aux multinationales de l’alimentaire. Cette plainte pénale est une réponse à la passivité des politiques sur ces questions. Le parti socialiste, par exemple, semble totalement acquis à l’ouverture libérale des marchés. Je suis également choqué par la position de la FRC, que je considère comme une suite de trahisons. Trahison de ses anciens combats en faveur de la qualité et de la traçabilité des produits, trahisons des producteurs et trahisons des consommateurs, auxquels elle a laissé croire à une baisse des prix. Trahison enfin de l’engagement en faveur de l’environnement, puisqu’un accord de libre-échange impliquera des transports de marchandises à travers toute l’Europe.

Quelles sont les prochaines étapes du combat ?

Je cherche à médiatiser ces questions… et ce n’est pas facile. La presse ne parle pour ainsi dire pas de l’ALEA et de ses conséquences. J’imagine que Coluche n’avait pas tort lorsqu’il déclarait qu’à la télévision on ne peut pas dire la vérité, car il y a trop de monde qui regarde ! Nous devons soutenir les paysans; on ne peut pas simplement leur dire qu’ils ne servent à rien et les écraser.

Propos recueillis par Julien Sansonnens, publié dans Gauchebdo

L’Héliski, vestige d’un monde qui n’existe plus

avr 21, 2010 in Politique, écologie

On s’attache à la pratique de l’héliski comme on s’attacherait à celle du grand-bi : vestige d’une époque définitivement révolue, l’héliski exerce sur nous ce mélange de nostalgie teintée de regret devant une activité qu’on voit mourir, inexorablement, lentement.

Avec le temps.. Avec le temps va, tout s’en va…

Ce bon vieux temps d’avant le réchauffement climatique, période bénie où les puits de pétroles étaient intarissables, où la nature, généreuse, nous offrait tous les plaisirs pour rien, ou presque… C’était Cocagne ! Et quel festin, les amis, n’avons-nous pas fait ! Les oies nous tombaient toutes rôties dans le gosier, les cochons accouraient déjà lardés, un couteau à la main, comme dans le célèbre tableau de Bruegel l’Ancien.

Seulement voilà, l’orgie terminée, le réveil s’est avéré brutal. Ce satané principe de réalité… Et pendant que la majorité ramasse les assiettes cassées et commence à panosser, il s’en trouve, encore, pour chercher à grapiller quelques dernières victuailles !

Si l’héliski doit être interdit, c’est bien sûr parcequ’il est polluant, nuisible pour la faune et qu’il dénature les somptueuses cimes alpines. Mais c’est aussi, et c’est sans doute à ce titre qu’il est aujourd’hui défendu avec tant d’ardeur, parcequ’il a valeur de symbole. Symbole anachronique d’un monde qui n’existe plus et dont ceux qui ont le plus profité – mais comment leur en vouloir – conservent une certaine nostalgie.

OGM à Pully: semer l’avenir !

mar 06, 2010 in Politique, écologie

Les expérimentations OGM se poursuivent à Pully… la résistance aussi !

L’association « semer l’avenir », le POP section Lavaux-Oron et les Verts vous invitent à venir semer l’avenir, le

SAMEDI 20 MARS 2010, 11H30, A PULLY

Le principe ? Semer du blé non-OGM sur une parcelle. Les participants vivent lors du semis un acte symbolique et archétypique d’autant plus fort qu’il est simple ; ils pénètrent dans le cycle d’une culture qui deviendra pain, nourriture de base par excellence. Ce que nous semons aujourd’hui nous le mangerons demain. Ensemble, nous vivons la responsabilité entre producteurs et consommateurs, entre ville et campagne, entre les générations.

Nous pique-niquerons, sous les notes de musiques de Michel Bühler et François Vé.

JO d’hiver: ni à Annecy, ni ailleurs !

fév 11, 2010 in Politique, écologie

Le grand cirque olympique – cette sauterie entre élites censée témoigner d’un « engouement populaire » – remis en branle pour deux semaines, saluons la lutte fort peu médiatisée du « comité anti olympique d’Annecy » contre l’attribution des JO 2018 à la « Venise des Alpes ».

Parmi les arguments avancés contre la tenue des JO en Haute-Savoie, le comité met en avant la pollution colossale (effet de serre produit par les déplacements depuis l’étranger, tonnes de produits publicitaires et de déchets, projets routiers, parkings), le gaspillage ahurissant d’eau (les JO de Turin ont consommé autant d’eau qu’une ville de 600 000 habitants pendant un an) ou la défiguration du relief naturel. Les coûts exorbitants – assumés bien entendu par les contribuables – sont également dénoncés : les grenoblois ont par exemple payé « leurs » jeux pendant 27 ans. A Albertville, le déficit s’est monté à 42 millions d’euros.

Sur le plan social, les JO font exploser les prix du foncier, chassant les pauvres des centres villes concernés. Les emplois créées provisoirement sont souvent précaires (interim, heures sup’).

Les JO sont aujourd’hui l’expression la plus inique du sport-business. On avait promis la démocratie après Pékin : qu’en est-il ? Quid des journalistes, blogueurs, opposants arrêtés avant les jeux ? Quid des populations Coast Salish, St’at’imc et Squamish de Vancouver ? « Leur choix de tenir les Olympiques sur nos terres rend celles-ci accessibles et vulnérables, ainsi que nos sites sacrés et nos territoires médicinaux, » dit Kanahus Pellkey. Pas de jeux sur des terres volées !

Quant à notre pays, s’il revenait à swissolympic l’idée de proposer une nouvelle candidature helvétique, que ces gens soient assurés de trouver en face d’eux des opposants déterminés.