Archive for the 'Politique' Category

Cardinal: larmes de crocodile par fûts entiers

août 31, 2010 in Politique

La brasserie du Cardinal va cesser sa production. Propriété du danois Carlsberg, la célèbre bière sera brassée en Argovie. Interrogé par 20 Minutes, le conseiller national PDC Dominique de Buman a affirmé « avoir la boule au ventre » quand il pense aux employés. Il a également fait part de sa « très grande tristesse ».

Si nous partageons l’amertume du Conseiller national de Buman, nous regrettons qu’il se soit contenté de poser devant les caméras, les yeux encore humides, sans chercher à donner un sens politique à cet événement. S’agit-il donc d’un mauvais coup du sort ? Qu’on se rassure, Monsieur de Buman se reprend rapidement, et ajoute qu’il « comprend la décision économique de la direction », dont il juge d’ailleurs le comportement « humainement responsable ».

Une mécanique huilée comme une pendule neuchâteloise : compassion pour les employés-pleurnicheries pour la galerie de (é)lecteurs du journal-justification de l’ordre économique ayant pourtant permis cette délocalisation. Un mouchoir dans une main, les accords de l’OMC dans l’autre, ils ont fier allure nos PDC-PLR-UDC, apôtres du libre-échange, des « dures mais justes » lois du marché, promoteurs d’une « concurrence internationale non-faussée ». Le libéralisme, on en veut bien jusqu’à ce qu’il nous saute à la figure!

Rappelons qu’en 1996, Monsieur de Buman s’était battu contre une première tentative de délocalisation. La brasserie avait alors opéré un chantage gagnant : « nous restons, à condition de ne (presque) plus payer d’impôts ». Avec la facture sociale de la fermeture de Cardinal, c’est donc la deuxième fois que les fribourgeois passeront à la caisse. On attend désormais de Monsieur de Buman qu’il engage le combat pour récupérer les cadeaux fiscaux concédés.

poule

Billet à paraître dans Gauchebdo

Campagne contre le démantèlement de la LACI

août 25, 2010 in Politique

Le matériel de campagne contre le démantèlement de l’assurance chômage vient de sortir. Qu’en pensez-vous ? Pour ma part, je le trouve très réussi.

N’hésitez pas à la distribuer, l’envoyer par email, le poster sur vos blogs, forums, etc…

Plus d’infos sur: http://www.non-dlaci.ch/

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Peine de mort: barbarie 2.0

août 21, 2010 in Politique

On se demandait quand elle allait arriver, on la percevait sans jamais la voir… la voici finalement. Un obscur et anonyme comité zurichois s’apprête à lancer une initiative pour le rétablissement de la peine de mort en Suisse. Comme de bien entendu, celui-ci ne serait « lié à aucun mouvement politique ». Lancer à quelques mois des fédérales un texte le plus émotionnel possible dans un strict but propagandiste, en s’asseyant sur le fait que les citoyens iront une fois de plus voter sur un objet qui ne pourrait pas s’appliquer, voilà qui fait pourtant office de signature. Mais là n’est pas la question.

Qu’une initiative comme celle-ci soit lancée maintenant nous apprend beaucoup sur le temps présent. Quelques mois après les minarets, le terrain semble toujours plus fertile à la surenchère de propositions rétrogrades quand elles ne sont pas réactionnaires. En pleine époque de restauration conservatrice, avec une UDC à 30% qui fait un travail de labourage intellectuel extrêmement efficace, l’heure est à la « décomplexitude », ici comme ailleurs. Ce texte arrive après la proposition d’interdire (pardon, de ne plus rembourser) l’avortement, et avant la mise au travail forcé des indigents (idée qui fait son bonhomme de chemin, portée notamment par le peopolitique Ph. Nantermod), l’internement des pauvres, la non-éligibilité des homosexuels et la restauration du livret d’ouvrier.

En quoi la peine de mort est-elle inacceptable ? Pourquoi la combattre ?

C’est bien parce que la vie est sacrée, c’est bien parce que personne ne peut l’ôter pour quelque raison que ce soit que la peine de mort doit être rejetée. A vrai dire la vie est tellement sacrée que l’Homme n’est tout simplement pas en mesure de déterminer si celle-ci doit se poursuivre ou non (la proximité avec la question de l’avortement est ici évidente, quoique située à un niveau différent). Oter la vie est impardonnable, et cela vaut dans tous les cas, du côté du tueur comme du côté de la justice, de la victime ou de la société.

C’est l’honneur de l’humanité que de chercher chaque jour à se sortir de l’état de nature par l’instauration d’institutions. C’est peut-être cela, fondamentalement, qui nous distingue de l’animal: passer de la nature à la culture. Passer de la loi de la jungle et du Talion à quelque chose d’autre. Inventer des systèmes pouvant rendre justice tout en préservant la dignité inhérente à chaque être humain, aussi mauvais puisse-il être. Et il n’est jamais exclu que les esprits les plus noirs s’illuminent. Les chrétiens parleraient de rédemption, peut-être faut-il simplement dire que les individus peuvent profondément changer.

Il faudrait aussi évoquer le risque – toujours présent, malgré le développement technique des sciences forensiques – de l’erreur. Les exemples dramatiques venus d’oute-atlantique nous rappellent que la chaise électrique et les injections ont retiré la vie à un nombre effrayant d’innocents (dans l’immense majorité des cas, des noirs sans ressources). On pourrait enfin se placer du côté des victimes: savoir le coupable tué constitue-t-il une réelle atténuation de la souffrance ? Cela fait-il revivre une personne disparue ? C’est au moins discutable…


La Chine, premier pays au monde en nombre d’exécutions de condamnés à mort
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OGM de Pully attaqués à l’herbicide

juin 30, 2010 in Politique, écologie

herbicide

Il y a quelques jours, le champ expérimental OGM de Pully a été attaqué à l’herbicide par des inconnus. Une belle réponse, nécessaire et légitime, à ces expérimentations d’apprentis-sorciers préparant la privatisation du vivant sous couvert de recherche scientifique. Le tout, bien entendu, se déroulant sous le regard très intéressé des multinationales de l’agro-chimiques, lesquelles sont d’ailleurs – comme ne cessent de le dénoncer les opposants – partie prenante au projet via les mandats privés du Prof. Gruissem.

Il y a quelques jours, et dans le cadre de l’impressionnante campagne de com’ entourant ces essais, le responsable pulliéran M. Schori se félicitait dans la presse de la prétendue acceptation des OGM par les riverains. Quelques semaines après le magnifique succès de la deuxième édition du pique-nique anti-OGM, il fallait oser ! Des centaines de personnes manifestant pour la deuxième année consécutive, dans la bonne humeur et la détermination, leur opposition à vos recherches : voilà ce qu’il en est, Monsieur Schori, de l’acceptation des riverains !

La propagande médiatique – parcequ’à ce stade de mensonge et de déinformation, il n’y a pas d’autres mots – orchestrée par les chercheurs met en lumière le sens réel de ces expériences : habituer la population à « vivre avec » et tester les moyens d’intervention sociale sur cette question.

On ne le répétera jamais assez : à Pully, le volet « biologique » du programme est tout à fait accessoire. Ici, on teste moins la résistance du blé aux champignons que la résistance de la population. Une recherche sociologique en plein champ, en quelque sorte, qui doit permettre de prendre la température de la population dans la perspective de la culture et de la commercialisation des OGM à moyen-terme, une fois le moratoire terminé. Il suffit de lire les différents projets du PNR59 (programme de recherche incluant les essais de Pully) pour comprendre où veulent en venir les chercheurs : « Comment le dialogue avec le public sur la génie génétique doit-il être conçu? », « Génie génétique dans les écoles », ou encore « Existe-t-il une plante génétiquement modifiée acceptable sur le plan social? »… L’objectif est on ne peut plus clair : imposer les OGM à la population, et s’en donner les moyens par des recherches sociologiques.

A ce titre, la résistance citoyenne, dont l’attaque récente à l’herbicide est une belle démonstration, est d’autant plus nécessaire. A Pully comme ailleurs, vive les résistances !

Merci, Yvan Perrin !

juin 21, 2010 in Politique

Le procès en sorcellerie intenté à Eveline Widmer-Schlumpf et à sa section cantonale avait déjà permis, à l’époque, de guigner par le trou de serrure de l’arrière-cuisine UDC, et d’humer prudemment les relents d’égout qui y flottaient.

Ce week-end, c’est au tour du vice-président Yvan Perrin d’avoir soulevé la lunette; le neuchâtelois – il n’est jamais trop tard pour bien faire – venant en effet de comprendre que le rôle de son groupe parlementaire consiste à exécuter les décisions reçues du Conseil d’administration de l’UBS, avec le sourire et en se la coinçant, s’il vous plaît. Une attitude de soumission de plus en plus difficile à supporter pour Perrin: on veut bien être le vice-président des porteurs d’eau attitrés de la Bahnhofstrasse, on attend tout de même, eu égard à l’ingratitude de la tâche, un minimum de considération. Agir en laquais n’empêche pas de quémander quelques miettes de respect.

Si je ne suis pour ainsi dire jamais d’accord politiquement avec Yvan Perrin, il faut reconnaître à l’homme une certaine indépendance de pensée, suffisamment exceptionnelle au sein du groupe UDC pour être saluée. Le vice-président avait, par exemple, fait preuve d’une bien insolente audace en défendant le PACS au sein du parti au bouc, suscitant au passage interrogations et ragots de bas étage sur son orientation sexuelle.

Pour tout dire, la démission du neuchatelois est salutaire, car elle éclaire plusieurs aspects du fonctionnement interne de l’UDC. Elle révèle d’abord – mais avions-nous besoin d’une nouvelle démonstration – le niveau extraordinaire d’asservissement du parti d’extrême-droite aux banques et à la finance zurichoise. Et gare à celui qui ose contester les ordres des bailleurs de fonds, ou faire preuve d’un minimum d’esprit critique: le remontage de bretelles est immédiat, les sanctions sans appel. Le témoignage d’Yvan Perrin illustre ensuite le culte de la personnalité entourant le lider blochero. En pointant du doigt les revirements et autres retournements de vestes du guide suprême, Perrin a sans doute franchi la ligne rouge: on ne saurait remettre en cause la parole du prophète, cette sorte de demi-Dieu aux décisions incontestables (variante casque-à-boulons de l’infaillibilité pontificale). Et tant pis si Blocher, plus darbellayien que Darbellay, virevolte empalé sur sa tige métallique telle une girouette devenue folle, au gré des consignes reçues des parrains de l’UBS. Enfin, la démission du Vice-président donne raison à celles et ceux, nombreux, qui voient dans l’UDC un danger pour notre système politique: les méthodes autoritaires du parti brun ne laissent en effet planer aucun doute sur sa conception de la démocratie et sur le type de traitement qu’il réserve aux brebis égarées.

Merci donc à Yvan Perrin d’avoir jeté une lumière, certes crue mais nécessaire, sur le « blochérisme réellement existant ». Et lorsque les informations proviennent de l’intérieur, elles n’ont que plus de valeur.