Congrès du POP: discours de bienvenue
Je retranscris ici le discours que j’ai prononcé à l’occasion de l’ouverture du Congrès du POP & Gauche en mouvement, le 1er mars à la Croix-sur-Lutry.
Chers camarades, chers amis,
Au nom de la section Lavaux-Oron, j’ai le plaisir de vous souhaiter la bienvenue à la Croix-sur-Lutry, à l’occasion du Congrès cantonal du POP & Gauche en mouvement.
Bien que n’étant pas un militant de longue date, je crois pouvoir dire que ce Congrès revêt une importance tout à fait exceptionnelle pour notre formation. Vous le savez, chers camarades: le POP a entamé il y a plusieurs mois un important processus de renouveau. Cela passe d’abord par des changements importants de nos instances cantonales. Je souhaite exprimer ici ma reconnaissance à l’équipe sortante, et d’abord aux membres du comité directeur et aux anciens élus, que je remercie chaleureusement pour leur engagement. J’aimerais également saluer le travail remarquable effectué par Isabelle Aparicio, notre secrétaire administrative, et par Evelyne Knecht, notre secrétaire à l’organisation. Par leur fidélité et leur disponibilité, elles ont su faire avancer les idées que nous défendons et elles continueront à le faire, j’en suis persuadé ! J’aimerais saluer également notre ancien dizenier, Ronald Schwab, ainsi que Raymonde Caffari, qui a oeuvré pendant de nombreuses années comme trésorière, de manière bénévole et avec avec une rigueur exemplaire. J’aimerais enfin rendre hommage à l’engagement de celui qui est encore notre secrétaire cantonal pour quelques heures, Josef Zisyadis. Désigné à ce poste en 1983, Josef aura été une figure marquante du POP de ces 25 dernières années. Par son sens politique et sa créativité, il aura su, avec l’ensemble des camarades du parti, faire de notre mouvement une force politique qui compte au niveau communal, cantonal et fédéral. J’en profite pour adresser mes encouragements fraternels à notre futur secrétaire cantonal.
Aujourd’hui, chers camarades, je ne crois pas trahir un secret en vous disant que le POP fait face à quelques difficultés: pertes électorales d’une part, mais également, et c’est sans doute plus grave, déclin de notre engagement militant. Chers amis, il ne tient qu’à nous de redresser la barre. Il n’y a ni déterminisme, ni fatalité ! Mais l’engagement ne se décrète pas: c’est par l’initiative de chacune et chacun, par le travail de terrain, par la volonté d’individus et de collectifs que nous redonnerons au POP les couleurs qui sont les siennes, celles qu’il porte fièrement depuis plus de 60 ans.
Chers amis, je vous invite aujourd’hui à l’action, chacune et chacun selon ses possibilités et ses envies. Contrairement aux partis gouvernementaux, nous n’avons rien à attendre des milieux industriels, ni aucun milliardaire pour financer nos campagnes. Notre force, et il en a toujours été ainsi, c’est nous-mêmes, notre sincérité, nos luttes auprès de la population ! L’initiative pour un salaire minimum, dont nous déciderons aujourd’hui du lancement, sera une chance pour nous tous de faire avancer nos idées mais aussi, ne l’oublions pas, de prendre du plaisir à militer ensemble, car c’est aussi cela, faire de la politique.
Je vous le disais il y a quelques instants, ce Congrès est de première importance pour notre parti. Nous devons aujourd’hui discuter notre vision politique et notre position par rapport aux autres forces de gauche. J’aimerais m’arrêter brièvement sur ce point. Plus que jamais, dans cette période d’attaques patronales et bourgeoises renforcées contre la population, le POP doit oeuvrer au rassemblement populaire le plus large, renvoyant dos-à-dos dogmatisme et compromission centriste. Notre parti a toujours été un parti d’ouverture: envers la paysannerie, envers les milieux intellectuels, envers la classe moyenne, envers les chômeurs et les rentiers, envers les croyants, envers l’artisanat… Ces milieux hétérogènes, c’est le peuple, c’est l’écrasante majorité de la population. Leur point commun, notre point commun, c’est d’expérimenter jour après jour, concrètement, la domination capitaliste. N’oublions pas chers camarades qu’avoir raison est une chose, mais avoir raison seuls ne peut faire avancer nos idées. Permettez-moi de citer notre secrétaire cantonal, alors qu’il prenait ses fonctions en 1984. Voici ce qu’il disait: « Nous vivons dans un monde complexe, qui exige de chacun de nous de bannir tout dogmatisme et sectarisme. Nous avons besoin d’un parti largement ouvert à l’extérieur, qui rassemble et n’écarte aucun homme, femme, jeune, immigré. Il s’agit de déployer notre activité sur le terrain et dans la vie, à l’endroit et au moment où les problèmes se posent aux gens, dans le concret de leurs difficultés, de leur revendications ». C’est dans cet esprit que le parti a été fondé en 1945, et c’est dans cet esprit qu’il doit poursuivre son action !
Chers camarades, l’heure est venue pour nous de faire des choix fondamentaux. Des propositions concernant l’avenir de notre formation ont été faites. Que l’on soit d’accord ou non avec celles-ci, elles témoignent de l’intérêt porté à l’avenir du POP par de nombreux camarades, jeunes comme plus expérimentés. Nous devons en débattre, sereinement et sans conservatisme. Les critiques formulées doivent être entendues, et les idées nouvelles analysées sans préjugés.
Enterré plusieurs fois, pour le plaisir non-dissimulé de la droite comme parfois de la gauche, le POP n’a pas dit son dernier mot ! Chers camarades, je vous souhaite un très bon Congrès, et de fructueux débats. Que ce moment soit un « nouveau Congrès du renouveau » ! Vive le POP & Gauche en mouvement! Vive la lutte !
mars 3rd, 2008 at 11:59
Salut Julien,
« Contrairement aux partis gouvernementaux, nous n’avons rien à attendre des milieux industriels, ni aucun milliardaire pour financer nos campagnes. »
Pour être tout à fait exact, tu aurais pu rajouter « bourgeois » après « partis gouvernementaux ». Le PS est certes un parti gouvernemental (et rappelle-toi que, si ce n’est pas le cas du POP, ce n’est pas faute de ne pas avoir essayé), mais il n’accepte aucun don d’entreprise et n’est pas financé par des milliardaires. Il n’a rien à attendre non plus des « milieux industriels », si par là tu sous-entend les milieux patronaux. Mais je suis bien conscient que, lors d’un congrès, on parle surtout de soi et que c’est de bonne guerre de faire son auto-promotion.
Je souhaite plein succès à la nouvelle direction du POP (en es-tu?) et me réjouis de la volonté affichée de renouveau .