la poste, suite…
Petit mode d’emploi du démentellement d’un service public, pour le plus grand profit des futurs actionnaires:
1. Prendre un service public qui fonctionne bien, correctement géré, dégageant des bénéfices et ayant une bonne image auprès du public. A tout hasard, la poste.
2. Mettre sous pression les employés, en réduire fortement leur nombre afin qu’ils n’aient plus les moyens de remplir correctement leur mission
3. Baisser les crédits et les investissements. Supprimer progressivement des prestations (fermeture massive de bureaux de poste, abandon de prestations…)
4. Attendre
5. Constater que l’image de l’entreprise se dégrade dans le public (c’était mieux avant, ils ferment tous les bureaux…)
6. Attendre
7. Cueillir les fruits de l’opération: le public LUI-MEME réclame la privatisation d’un service qui est devenu mauvais et qui ne répond plus à ses attentes. Ajouter quelques pincées de l’inévitable rhétorique néolibérale sur les bienfaits de la concurrence
8. Privatiser le service public. Naturellement, il est dans un piètre état, et il ne s’agit donc pas de le vendre à sa juste valeur: on le vend à très bas prix.
9. Une fois l’opération effectuée, augmenter le prix des prestations et se concentrer sur les activités et régions les plus rentables.
décembre 8th, 2006 at 17:50
La poste recouvre des prestations variées. Postfinance se porte bien et je pense que c’est grâce à ces services que la poste fait des bénéfices. Ce qui est (et surtout sera) problématique c’est le transport et la distribution du courrier papier, non parce que le service public fonctionnerait mal, mais parce que la société évolue vers autre chose. Le courrier papier va disparaître et on n’y peut rien. Les gens de moins en moins se déplacent au guichet pour faire leurs versements, et on n’y peut rien. Face à ces évolutions le service public doit-il artificiellement garder sous perfusion des services postaux disproportionnés? S’il le faisait on l’accuserait de conservatisme, de ne pas savoir suivre l’évolution.
Le rôle d’un service qui serait vraiment au service du public pourrait être de fournir à chacun le moyen et la formation pour se connecter à Internet. J’imagine des groupes sympa dans les villages, animés par des employés postaux, apprenant aux gens un minimum leur permettant de ne pas être largués par les nouvelles technologies. Il y aurait des choses à inventer!
Le processus que tu décris est diabolique, malheureusement souvent réaliste! Comment faire pour que l’on n’en vienne pas là? garder le service public mais sans se crisper sur un conservatisme sans issue? L’alternative comme elle est posée, est soit démanteler le service public, soit conserver le service postal de grand-papa! Que proposes-tu qui tienne compte de l’évolution de la société?
Faire évoluer la poste quand on a encore de l’argent devrait permettre de pouvoir le faire en douceur sans que le personnel en souffre.