La voiture nucléaire.
Elle avait apparemment tout pour plaire : peu polluante, silencieuse, futuriste, la voiture électrique allait s’imposer comme l’engin motorisé du XXIème siècle, pour le plus grand bien de nos poumons et de la planète.

Reste qu’à y regarder de plus près, l’enthousiasme doit être relativisé. En Suisse, la voiture électrique est en partie une voiture atomique, dans la mesure où notre pays produit 40% de son électricité à partir de centrales nucléaires. Faut-il rappeler qu’à ce jour, et sans doute pour longtemps encore, il n’existe aucune solution au problème des déchets radioactifs ? Ailleurs dans le monde, c’est aussi avec du charbon que l’on produit de l’électricité, de sorte que les émissions de CO2 d’une voiture électrique sont supérieures à ce qui serait engendré en consommant directement du pétrole.
Pour fonctionner, une voiture électrique a besoin d’importantes batteries. Leur production nécessite l’utilisation de produits chimiques et autres métaux lourds extrêmement polluants, dont le recyclage est problématique. Le lithium, ressource non renouvelable, se raréfie.
Ainsi, un comparatif mené par le cabinet indépendant CNW Marketing Research montre que si on tient compte de la totalité du cycle de vie, un Hummer H3 est moins polluant qu’une Toyota Prius. Etonnant, non ? Il faudrait également parler du surpoids induit par la technologie électrique, et qui péjore fortement le bilan énergétique de ces véhicules prétendument « verts ».
Au final, en termes de pollution, les enjeux soulevés par la généralisation des voitures électriques feront passer la question de la fin du pétrole pour une aimable plaisanterie.
Billet paru dans Gauchebdo
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