L’uni. transformée en Fac Donald’s ?
Aux quatre coins de l’Europe, les étudiants de l’enseignement supérieur manifestent contre la marchandisation de l’éducation. De quoi parle-t-on ? Quelles sont, concrètement, les manifestations de ce processus remettant si profondément en cause notre conception européenne de l’Université ?
Par « marchandisation », il faut comprendre d’abord le processus d’asservissement toujours plus fort de l’académie aux intérêts économiques. Bologne concrétise un processus démarré depuis plusieurs dizaines d’années, et qui consiste à réorienter les budgets des académies vers les disciplines jugées les plus immédiatement rentables. Concrètement, nous assistons aujourd’hui à une forte dégradation des conditions d’étude dans les filières de sciences humaines, sciences sociales, histoire, philosophie, théologie: manque d’encadrement, locaux exigus, professeurs surchargés, parfois même suppressions pure et simple d’enseignements. De plus en plus, l’université est perçue comme une école professionnelle d’élite, devant fournir à l’économie des cerveaux toujours mieux ajustés à la demande. La formation de l’esprit critique, la transmission d’une histoire, la réflexion sont progressivement évacuées.
L’emprise grandissante du privé sur le fonctionnement de l’académie constitue une deuxième facette du processus de marchandisation. Ce qui était encore impensable il y quelques années devient réalité: des chaires sont subventionnées par des multinationales, des bibliothèques sont payées par des fabricants de montres de luxe, des professeurs rétribués par des laboratoires pharmaceutiques. Au delà des prétendues « garanties » apportées, les contenus s’en trouvent directement affectés, l’autonomie du champ scientifique remise en cause.

Enfin, le système Bachelor-Master, remplaçant l’ancienne licence, consacre le développement d’une université à deux vitesses, avec le bachelor pour le plus grande monde, et le Master pour celles et ceux qui peuvent se l’offrir. Ce modèle est une exigence de l’économie: pouvoir bénéficier d’une main d’œuvre très qualifiée, mais formée moins longtemps, donc moins chère. Déjà, des voix s’élèvent pour n’accorder des bourses que jusqu’à la fin du bachelor, et pour augmenter fortement le prix des Master.
Au-delà des revendications immédiates (pas de numerus-clausus, pas de listes de présence aux cours), les étudiants défendent également l’Université européenne telle que nous la connaissons, lieu de savoir universel à vocation humaniste, lieu de débat et de formation de l’esprit critique, lieu de développement de la citoyenneté. Pour cela, ils méritent notre respect et notre solidarité active.
novembre 29th, 2009 at 12:36
Très bon article
Chez nos voisins les Français c’est pire : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article3169
C’est l’histoire geo au lycée pour les scientifiques qui passe à la trappe le 2 dernières années.
Lors de ses années le programme est 19 + 20 siècle.
Des périodes absolument mineures et sans enseignement
décembre 4th, 2009 at 13:08
Il faut aussi voir les choses en face.
Quand il y des centaines d’etudiants en psycho, socio, ethno, histoire de l’art, …
C’est trop, ils ne trouvent pas de boulot. Il faut donc en prendre moins.
En lettre, les gens ont pris la sale habitude d’etudier a 50% et de travailler a cote. Le systeme a deux vitesses vient de la et non des taxes.
Un etudiant en lettre qui a 14 heures de cours par semaines n,aura pas un diplome avec autant de valeur que l’etudiant en science qui a 35 heures par semaine. Et c’est normal (travailler plus pour … plus !).
Arreter de vous plaindre et de bloquer le fonctionnement des uni pour ceux qui venlent bosser.
Prennez vos crayons et faites de qu’on fait dans une uni : travailler.