Migroop, revenu disponible et conditions de travail

Dimanche, mars 9th, 2008 @ 20:15 | Politique

Vous n’avez jamais l’impression que la main invisible, plutôt que de travailler à l’allocation optimale des ressources, est occupée à se servir dans votre porte-monnaie ?

Il n’y a pas qu’en France où la question du revenu disponible – pardon du pouvoir d’achat – est saillante. Au Pays de « Migroop » (qui tiennent 70% du marché, avec l’aval de la Comco) aussi, les prix de l’alimentation flambent: +3.5% pour le pain à la Migros, +20% le paquet de pâtes Coop, +10% le litre de jus d’oranges… La faute à la hausse du pétrole et aux mauvaises récoltes, nous explique-t-on, quand ce n’est pas simplement l’appétit des Chinois qui est responsable.

Du coté des producteurs, le constat n’est pas plus réjouissant. Depuis 1990, le revenu paysan a baissé de 25%, pendant que les prix à la consommation de l’alimentation progressaient de 10%.
Encore faudrait-il parler des conditions de travail parfois désastreuses des ouvriers agricoles étrangers qui fournissent les produits. En Suisse, on trouve même des working-poors parmi les petits agriculteurs: en 2004, le salaire brut médian d’un ouvrier agricole sans formation, en première année, était de 3150 francs.

Quant aux employés des grands distributeurs, leurs conditions de travail ne cessent de se détériorer afin de permettre une hausse des profits. Chez Migros, une partie du personnel va passer de 41 à 43 heures par semaine. Une augmentation de 5% du temps de travail, compensée par une hausse de salaire de … 2%. En 2006, le bénéfice du géant orange progressait de 8%, à 0.7 milliards de francs.

One Response to “Migroop, revenu disponible et conditions de travail”

  1. Sandro Minimo Says:

    > La faute à la hausse du pétrole et aux mauvaises récoltes, nous
    > explique-t-on, quand ce n’est pas simplement l’appétit des Chinois
    > qui est responsable.

    C’est malheureusement assez vrai. Il y a certes une part spéculative (les traders se reportent sur les matières premières depuis que le marché d’action traditionnel est plutôt en baisse), mais la tendance lourde est là : on commence gentiment à être trop nombreux sur terre à vouloir vivre comme des américains.

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