Passeports biométriques: réponses à quelques contrevérités

Lundi, février 23rd, 2009 @ 10:29 | Politique

Lausanne, le 23 février 2009

Communiqué du POP & Gauche en mouvement
passeports biométriques : réponses à quelques contrevérités.

Madame, Monsieur,

Dans le cadre de la votation du 17 mai sur l’introduction du passeport biométrique obligatoire, le POP & Gauche en mouvement souhaite apporter quelques éléments correctifs aux nombreuses contrevérités que laisse circuler le Conseil fédéral.

« L’introduction du passeport biométrique obligatoire est une exigence de Schengen. Nous n’avons pas le choix et ne pouvons pas le refuser »
Il est vrai que l’introduction du passeport biométrique se fait dans le cadre de Schengen. Néanmoins, dans le projet soumis en votation, le Conseil fédéral va bien plus loin que ne l’exigent les directives européennes, puisqu’il entend créer une base de données centralisant les données biométriques de tous les citoyen-ne-s helvétiques. Il se propose ainsi de faire subir à l’ensemble de la population une mesure jusqu’ici réservée aux criminels: le prélèvement et le stockage des empreintes digitales.

« Si le peuple refuse le projet du Conseil fédéral, la liberté de voyager des citoyen-ne-s suisses sera menacée »
Ca n’est pas le cas. Le POP & Gauche en mouvement tient à la liberté de déplacement des citoyen-ne-s suisses. Nous ne luttons pas contre l’établissement du passeport biométrique, mais contre les excès d’un projet menaçant les libertés individuelles. Si le peuple dit NON le 17 mai, le Conseil fédéral proposera un nouveau projet répondant aux exigences de Schengen mais conforme au respect des libertés individuelles (sans base de donnée centralisée, à l’image de la quasi-totalité des autres pays européens).

« La carte d’identité ne contiendra pas de puce RFID »
A quelques semaines de la votation, le Conseil fédéral a déclaré que la carte d’identité ne contiendrait pas de puce RFID, « jusqu’à nouvel avis » (sic). Il s’agit d’une manœuvre visant à augmenter les chances d’une acceptation populaire. Si la loi est acceptée, le Conseil fédéral aura toute latitude pour introduire la carte d’identité avec puce RFID à court ou moyen terme, sans qu’un référendum populaire soit possible.

« Le passeport biométrique est plus sûr que l’ancien passeport. Il ne peut pas être falsifié »
Bien que présenté comme totalement sûr, le passeport biométrique (on devrait plutôt parler du passeport électronique) présente en fait d’importantes failles sur le plan de la sécurité. Le contenu de la puce RFID a pu être cloné, même sans contact physique avec le passeport. De même, la technologie par empreintes digitales présente d’importantes failles: il est par exemple facile de tromper les capteurs en usurpant l’ « identité digitale » d’une personne dont on aurait recueillis les empreintes. De nombreux experts alertent pourtant les décideurs sur les dangers de l’utilisation d’une technologie peu sûre.

Leave a Reply