Quand l’UDC admet que l’initiative anti-minaret n’était qu’une opération électorale

Mardi, décembre 22nd, 2009 @ 17:25 | Politique

Il fallait un certain courage…

Dans une lettre adressée à Hafid Ouardiri, le député UDC François Brélaz admet ce que tout le monde sait: la campagne anti-minaret n’était qu’une vaste opération électorale, et les suites de la votation (notamment les recours à la Cour européenne des droits de l’Homme) seront utilisées par le parti à des fins électorales.

Ce qui frappe, ce n’est pas le fait en lui-même, qui n’aura échappé à personne. La nouveauté, c’est que pour la première fois à ma connaissance, c’est l’UDC elle-même qui affirme, voire revendique, l’instrumentalisation. Reconnaissons à Monsieur Brélaz le mérite de la franchise et de la transparence.

La lettre en question vaut d’ailleurs la peine d’être lue en entier. Je ne m’arrête pas sur la rhétorique habituelle différenciant les « autochtones » (sic) des « immigrés », ni sur la logorrhée à propos du « respect du citoyen suisse chrétien ». Pas plus, je ne m’attarderai sur la qualification « d’affreux barbus », qui pourrait sans doute valoir à Monsieur Brélaz une plainte pénale. Chacun jugera des dires de Monsieur le député lorsqu’il estime que les personnes musulmanes sont « étranges, ou très différentes ».

Le plus intéressant réside dans la conclusion de la lettre, que je cite: « Pour en revenir à votre recours à la Cour européenne, (et il y en aurait quatre autres mais le vôtre est le plus médiatisé), la procédure jusqu’à une première décision peut prendre des mois et la procédure
complète des années. Et tant que l’affaire ne sera pas terminée, vous devez admettre, cas échéant, que l’UDC utilise à des fins électorales aussi bien la victoire du 29 novembre que votre recours. »

Voilà qui a le mérite d’être clair.

Leave a Reply